Une nouvelle République ?

À l’approche des élections présidentielles, nous voyons apparaître dans certains programmes des propositions de changements institutionnels. Cela est dû à l’insatisfaction en France de la politique courante. Des acteurs politiques, la plupart du temps d’extrême gauche et d’extrême droite proposent de passer à une nouvelle République.

Le premier inconvénient de ces propositions est que celle-ci ne sont pas explicitent et sont même très vagues. Une République ne se met pas en place d’une façon aussi simple. Nous rappellerons que la V ème République de Charles de Gaulle – NDLR instigateur – a été avant d’être une proposition une planche de travail colossale pour déterminer les fonctions de chacun et de chacune. Les politiques qui la propose s’offrent simplement un moment de démagogie sans suite.

La France est passée par la monarchie, par l’empire puis par la République. La complexité de ces régimes est à fortiori due aux nombreuses luttes pour la liberté, pour un partage équitable des pouvoirs exécutifs et législatifs et plus récemment pour le droit d’expression. Le Conseil Constitutionnel a été créé dans l’optique d’un meilleur équilibrage dans les pouvoirs, mais aujourd’hui il participe également à un équilibrage des libertés. Les régimes français restent tout de même complexes à décortiquer et il est presque impossible d’imposer une nouvelle République sans prendre en compte les différentes luttes et les différents partages de pouvoir.

La Déclaration de 1789 – NDLR Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen- sous la III ème République et la Constitution de 1946 ont permis la création de la nation et sont chargés en mémoires historiques. Ces Constitutions et Déclarations sont gravées à jamais et ne doivent jamais être oubliées. Mais malgré sa richesse historique, la Constitution reste un objet en attente de modifications et de changements. La France a connu 24 révisions depuis 1958. Certains des défenseurs d’une nouvelle République évoquent la non-participation de la population quant à la modification de cette Constitution. Or ces nombreuses révisions sont la preuve que la citoyenneté participe activement à l’évolution de cette Constitution.

Aujourd’hui, nous traversons une période difficile pleine de rebondissements et cette période n’est malheureusement pas prête de se terminer. Certaines crises de gouvernance dans des pays européens comme l’Espagne ou la Grèce devraient nous faire prendre conscience que notre stabilité actuelle est un atout plutôt qu’un désavantage. Mieux vaut construire l’avenir de la France sur un Rocher plein de gravier que sur du sable mouvant qui nous enfermerait un jour ou un autre dans ses entrailles.

AMRANI MEHDI

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