Détroit, la ville du Michigan aux États-Unis qui faisait tant rêver il y a 50 ans est aujourd’hui une ville en ruine. Detroit était accordée à « American Dream » mais aujourd’hui c’est d’un autre rêve américain que fait référence Detroit laissant place à la pauvreté, l’analphabétisation et à la toxicomanie. Comment Detroit est-elle passée d’une ville riche et influente à un simple territoire de friches industrielles ?
Retour en arrière : entre 1900 et 1930, Detroit se développe. La ville attire la population pour ses nombreuses offres d’emplois des différentes entreprises installées dans la ville. On voit apparaître en l’espace de 10 ans 1 250 millions d’habitants supplémentaires. Mais la croissance explosive de cette ville ne se fait pas sans dommages, en effet l’air et l’eau de la région se polluent avec le temps et les industries su place polluent les lacs et rivières contournant la ville.

Cadillac Motor Co. 1910
Les habitations émergent de sous terre pour laisser place à des immeubles frôlant le ciel. Des quartiers se créent en fonction des origines des populations. Les Afro-Américains dominent avec le temps. Cette domination et ces quartiers laissent place à des tensions raciales entre les résidants blancs et les résidents noirs s’accompagnant d’émeutes.
« Blacks Rioting » – NDLR Émeute Noire – Juillet 1967 à Detroit
Durant 30 ans la population augmente jusqu’à arriver à 1 850 000 habitants en 1950. C’est à ce stade que la ville de Detroit prend de l’influence tant mondiale que nationale. Detroit exporte ses voitures dans le monde entier. Detroit devient la première ville « automobile » mondiale détrônant l’industrialisation automobile française.
Salon de l’automobile annuel : 14 octobre 1960 à Detroit
La population avait beau accueillir de nombreux ouvriers blancs et noirs, elle gardait une image riche par la présence de nombreux avocats, directeurs et cadres. Le quartier qui accueillait la bourgeoisie était le Bloomfield Hills. Il était l’endroit rêvé pour investir dans l’immobilier tout en restant attaché aux affaires industrielles de la ville. Les stars américaines investissait dans des luxueuses villa et dans des terrains atteignant jusqu’à 500 000 millions dollars le mètre carré.
Les avancés économiques offraient à Detroit l’allure de Los Angeles. Les autoroutes étaient en expansion au détriment des transports en commun et des populations pauvres ne pouvant accéder aux autres villes par manque d’argent. Quant à la politique, elle était basée sur le libéralisme et les investissements boursiers mettant en jeu les grandes entreprises d’automobiles.
Arrivé en 1965, le découpage de la ville était flagrant laissant apparaître d’un côté les ouvriers noirs et les hommes d’affaires blancs. Cette ségrégation raciale n’inquiétait aucunement la politique intérieur de la ville.
Les trois grands groupes automobiles au sommet de la ville : General Motors, Ford et Chrysler ont réussi à faire disparaître les plus petits groupes qui les empêchaient à s’agrandir. Les trois grands groupes en ont profité pour installer 25 entreprises hors de la ville. Ces entreprises extérieures était un signe préjudiciable de la futur santé économique de la ville. Les groupes essayaient avec le temps de faire disparaître leurs entreprises de la ville de Detroit à cause de l’augmentation des taxes salariales pour lutter contre la ségrégation raciale.
Ford a supprimé en l’espace de 5 ans 60 % de ses effectifs. Suivi par ses camarades Chrysler et General Motors, il fermèrent chacun leur tour leurs entreprises laissant place à des friches industrielles. C’est après ces fermetures que la ville chuta économiquement et perdant de la valeur avec le temps.Les entreprises du quartier qui avaient approvisionné les travailleurs de l’automobile fermer. Les entreprises du quartier qui avaient approvisionné les travailleurs des entreprises fermaient. Cette contraction économique directe et indirecte a fait perdre à la ville les impôts fonciers, les impôts sur les salaires et la population et donc la demande des consommateurs.
La ville essayant tant bien que mal de stimuler l’économie en attirant quelques petites entreprises. Certains habitants quittèrent la ville pour trouver du travail autre part laisse derrière eux des toxicomanes et des alcooliques en dépression après la perte de leur emploi. La population passa de 55% à 30% de noirs à Detroit. Au vu du nombre de noirs et de toxicomanes, les petites entreprises installées jusqu’à lors quittèrent Detroit.
Détroit est devenu célèbre pour les crimes violents dans les années 1970 et 1980. Des dizaines de gangs de rue noirs et violents ont pris le contrôle du grand trafic de drogue de la ville, qui a commencé avec l’épidémie d’héroïne des années 1970 et s’est transformé en une épidémie plus importante de crack dans les années 1980 et au début des années 1990. Il y avait de nombreuses bandes criminelles importantes qui ont été fondées à Detroit et qui ont dominé le trafic de drogue à diverses époques, bien que la plupart ont été de courte durée. C’est ainsi que parmi les grandes villes des États-Unis, Detroit était au plus haut niveau du chômage, de la pauvreté par habitant et de la mortalité infantile tout au long des années 1980 et 1990.Detroit laisse un décor digne d’un film post-apocalyptique.
Ce n’est qu’en septembre 2013 que la Maison-Blanche accorde 320 millions de dollars à la ville pour qu’elle puisse se reconstruire ou détruire les maisons et entreprises abandonnées et améliorer son réseau de transport public.
Aujourd’hui, Detroit nous montre que l’économie est fragile même quand une ville est réputé comme influente.
AMRANI MEHDI